Réseau ferroviaire du Grand Genève en 2050

La vision de l’État de Genève pour le réseau ferroviaire genevois 2050, présentée dans le PL 13176, est contestée par certains experts en mobilité. Ceux-ci ont exposé leur version de ce que devrait être le futur réseau ferroviaire genevois dans une note adressée à la Commission des travaux du Grand Conseil. Les experts trouvent que le réseau projeté est replié sur le canton de Genève, ils avancent que, le dossier des développements ferroviaires de la région genevoise pesant plus de 3 milliards de francs et étant appelé à façonner la mobilité pour des décennies, il vaut mieux ne pas se tromper d’approche. Ils proposent leur propre carte avec diverses extensions vers la France voisine : au nord vers le Pays de Gex, au sud vers Annecy :

Grand Genève ferroviaire 2050 selon étude 6-t


Cette intervention sur le dossier de la mobilité ferroviaire à Genève a déjà suscité plusieurs observations et critiques. Ainsi on note que la perspective proposée par les experts repose sur une forte coopération française, qui est loin d’être acquise. Se pose également la question du financement des extensions proposées ; les experts pensent au contraire que le projet du Canton pourrait être rejeté par Berne car il ne créerait pas un report modal suffisant selon les critères de la Confédération. Leur proposition s’intégrerait également bien dans la perspective Rail 2050 récemment présentée par le Conseil Fédéral.

Dans une première réaction le Canton déclare que les propositions des bureaux d’étude ne sont pas contradictoires avec son projet de diamétrale, mais s’inscrivent dans une autre temporalité et, situées essentiellement sur le territoire français, ne relèvent pas de la compétence de l’État de Genève.

Alprail a réagi au projet en relevant qu’entre l’étude des flux et les préconisations d’infrastructure il manque l’étape centrale de la détermination des temps de parcours recherchés, et des effets induits sur l’ensemble du réseau ferroviaire franco-suisse. La considération des liaisons ferroviaires internationales, incontournable selon Alprail, est aussi absente dans l’étude des experts.

Ayant examiné le projet, la CITraP Genève fait les remarques et propositions suivantes :

– Les deux branches diamétrales planifiées par l’État de Genève, sur la rive droite par les Nations, l’Aéroport et Meyrin-Cité jusqu’à la Zimeysa, et sur la rive gauche vers les Cherpines et Bernex, doivent être construites dans les meilleurs délais pour étoffer le réseau Léman Express dans le coeur de l’agglomération. Il est ensuite impératif d’élargir le périmètre du projet, en prévoyant de nouvelles extensions de ce réseau : au nord par une liaison entre la Zimeysa et St-Genis/Sergy se continuant jusqu’à Gex en réhabilitant cette section de la ligne du Pied du Jura ; au sud en poursuivant de Bernex sur St-Julien et en direction d’Annecy via Cruseilles et Allonzier. Toutefois, il faudra tenir compte de ce que ces extensions situées en dehors du canton seront tributaires de décisions des autorités françaises.

– La très indispensable ligne nouvelle Genève – Lausanne ne doit en aucun cas inclure un détour par le Pays de Gex. D’une part il y aurait les difficultés évidentes d’un tracé comportant une portion transfrontalière. D’autre part et surtout, cette ligne doit être reliée directement à Genève-Aéroport, de manière à garantir des temps de parcours homogènes avec la ligne historique, entre les gares principales de Genève et de Lausanne.

– La réhabilitation du tronçon de la ligne du Pied du Jura entre St-Genis/Sergy et Longeray n’est aucunement pertinente, en raison de la faible densité de population de ce secteur qui ne peut générer un niveau de demande justifiant une desserte ferroviaire. Des solutions basées sur des combinaisons de bus de rabattement et de parkings-relais (P+R) sont mieux adaptées à la taille des localités et à l’habitat dispersé de cette partie du Pays de Gex.

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